En spectateur occasionnel sur ce marathon de Valence, c’était l’occasion de se plonger dans un événement dont en entend parler de plus en plus. Qu’en était-il de ce grand rendez-vous annoncé ?
Aux quatre coins du parcours pour suivre les performances de l’élite mais aussi des chronos en dessous des 3h, j’ai pu goûter au marathon de Valence depuis le bord de la route, voyant passer l’élite, quelques légendes de notre sport, et les coureurs et coureuses que j’accueille régulièrement au micro de nos belles épreuves.
Le temps de voir un spectacle avec une quantité énorme de français et des performances de 1er choix !

VALENCIA…
Quand on accueille plus de 30 000 coureurs et le cortège de suiveurs et de spectateurs qui vont avec, forcément, il faut être organisé. Pour récupérer son dossard, rendez-vous à l’Expo Deporte et ses structures à la taille démesurée. Bâtiments immenses, structure transparente, escalators, halls aussi grands qu’un aéroport… Le point dossard, les photos devant les affiches, et le village partenaire où on remarque d’entrée les nouveaux modèles de running aux semelles perchées et molles au toucher. Des marques connues, des moins connues. Au moins, tout ça fait dégourdir les jambes après le transport. Un accès plutôt difficile avec la circulation et le monde présent.

La ville est grande, les immeubles sont hauts. Si on apprécie, on peut apprécier les structures modernes et anciennes qui se mélangent. De nombreuses allées ou parcs sont présents et c’est appréciable dans cette immensité. De nombreux commerces de tous genres, aussi. Comme dans les grandes cités, l’opulence n’est pas loin de côtoyer les logements sociaux, et la pauvreté… Et puis, pour contraster, cet ensemble magnifique de la cité des Arts et des Sciences, zone de départ et d’arrivée du marathon.
Ambiance !
Au petit matin (départ 8h15), on voit les bénévoles sécuriser les rues. Les ravitaillements s’organisent sur plusieurs centaines de mètres ! On voit beaucoup de jeunes, souvent de clubs sportifs, comme mains ouvrières.
Avant de voir passer les coureurs, les motards, sirènes hurlantes et les voitures annoncent l’approche du peloton. Direction de course et caméras sont là ! Vous avez sans doute suivi la course sur l’Equipe TV.
Très vite, les groupes musicaux sont « chauds » et mettent une énergie de dingue ! De nombreux points sonos et speakers sont placés sur le parcours.
J’avais peur de ne pouvoir aller d’un coin à un autre à cause de la sécurité ou des barrières : si on se déplace à pied et aux bons endroits, aucun soucis pour suivre les coureurs ! L’application de la course, et la carte du tracé pouvaient servir pour connaître les temps de passage et les rues empruntées.
Énormément de français présents, et certains coureurs plus encouragés que d’autres : les espagnols, bien sûr, les handisports, et la légende vivante : Kenenisa Bekele.
Une course de folie !
On a du mal à se rendre compte ce qu’est une allure de 2h01, ou même de 2h15, tellement il y a du monde et du niveau. Quasiment 2’53 / km, soit presque 21 km/h… C’est démentiel ! Le top niveau mondial est là. Le top niveau français aussi. Il n’y a qu’à voir ces tops 20 !
HOMMES

FEMMES


Le premier français Mehdi Frère termine 9è, la première française Mekdes Woldu termine 17è. RÉSULTATS d’ensemble ICI
Le vainqueur, Sisay Lemma (33 ans), termine en 2h01’48, devenant le 4è homme de l’histoire sur marathon. Pas un inconnu, il a régulièrement eu des performances de haut niveau sur marathon. Sa précédente marque est de 2h03’36 (Berlin 2019), et il a entre autre remporté Londres en 2021 (2h04’01). Un joli bond, tout de même, pour ce record, comme beaucoup.
Même âge (33 ans) pour Worknesh Degefa, et victoire en 2h15’51. Sa précédente marque était de 2h17’41 (2019). Elle avait déjà remporté deux fois Dubaï.
A NOTER :
Le succès populaire énorme du grand champion Kenenisa Bekele, 4è en 2h04’19, qui signe le record du monde master à 41 ans. Surtout, un retour sur le devant de la scène pour lui, avec un nouveau sponsor (Anta, marque chinoise). Une foulée toujours reconnaissable entre mille, et une ovation sur chaque passage !

La présence de Driss El Himer, l’ancien recordman de France de la discipline (2h06’48, 2003) qui a terminé, à 49 ans, en 2h25’47, après avoir été à mi-course sur les bases de 2h20, puis 2h22. Croisé après la course, il nous dira que ça s’est bien passé, même s’il était un peu vite sur le début, il avait l’air d’avoir passé un bon moment.
Aperçu également Reyes Estevèz, le champion de 1500 m espagnol (3’30’57 !) qui a terminé en 2h18’17 à l’âge de 47 ans.
Almaz Ayana (32 ans), championne olympique et championne du monde du 10 000 m (2016, 2017), 2è du marathon en 2h16’22 (record). N’oublions pas ses records de 14’12″59 sur 5000 m, et de 29’17″45 sur 10 000 m (record du monde des chinoises battu).
Genzebe Dibaba n’apparaît pas dans les classements. Aperçue jusqu’au 15è km… Son record du monde du 1500 m (3’50″07) a été battu cette année, mais elle conserve de nombreux records du monde du 1500 au 5000 m indoor. Sur marathon, elle en est pour l’instant à 2h18’05.
CÔTÉ FRANÇAIS
L’enjeu était bien sûr la qualification olympique. Et pour ne pas courir trop près de la date des JO, il reste encore Dubaï en janvier, ou Séville en février, sur des parcours rapides. Par la suite, il sera risqué de tenter sa qualification… en terme de chance de bien figurer, en juillet-août, aux Jeux de Paris
2h08’10
Pour les hommes, 5 sont passés sous cette marque ici à Valence ! (CF tableau plus haut). Navarro l’avait déjà fait et confirme, il est en très bonne position. Frère, juste devant lui, rentre parfaitement dans les critères et connaît le maillot bleu. Félix Bour a impressionné. Personnellement, c’est, visuellement, celui qui allait le plus vite au 40è km, comme s’il avait lancé le sprint ! Sera-ce suffisant ? On rappelle que Hassan Chahdi, avec qui j’ai couru il y a un mois, était 7è des derniers mondiaux et présente une grande fiabilité sur les gros événements. Il attendait d’en savoir plus après Valence, et pouvait pourquoi pas se projeter sur Dubaï. S’il réalise les minimas, il pourrait être prioritaire, et compléter le top 3 des sélectionnés… Mais il y a du monde au portillon !
2h26’50
Woldu, Julien, Trapp, Ledhem. Tout près du record de France (2h24’22) pour les deux premières ! Mekdès Woldu devrait pouvoir être sélectionnée, comme Navarro, après avoir réalisé deux fois la qualification. Mélody Julien (notre ITW en 2022) fait un gros bond en avant. Elle a déjà porté le maillot bleu (14e des championnats d’Europe en 2022). Avec Manon Trapp, aurait-on déjà le trio des JO…?
Parcours au bord de la mer, température idéale, beau temps régulier, parcours plat, densité : de quoi faire sauter les chronos à Valence !
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