RMC Sport Show : la ministre défend les choix du gouvernement quant à la pratique sportive

Roxana MARACINEANU était invitée dimanche 22 novembre du RMC Sport Show sur RMC. Celle qui est, précisément, « Ministre déléguée auprès du ministre de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports, chargée des Sports », a défendu les décisions prises par l’état et le fait de faire participer tout le monde, y compris les sportifs, à l’effort collectif. Au grand désarroi des fédérations et clubs, elle répond que le sport n’est pas oublié et que les aides de l’état à hauteur de 100 millions d’euros sont là pour le prouver. Quant au sport santé, à tous ces sportifs amateurs, et au bien-être social psychologique et social qu’apporte le sport, elle dit être consciente de la réalité de la pratique du sport et des sportifs.

Voici l’essentiel des échanges que vous pouvez retrouver plus bas dans le lien vers le podcast de l’émission.

En bleu, ma réaction quant aux propos tenus.

« Est ce que vous vous dites pas quand même que ce kilomètre c’est quand même très restrictif pour faire du sport ? »

  • Eh ben bizarrement, dans le bois à côté duquel j’habite, je vois beaucoup plus de monde qu’avant […] j’ai jamais vu autant de monde faire du sport.

« Et alors, qu’est ce que vous en déduisez ? »

  • Eh ben que ce confinement il a du bon, il a du bon pour l’activité physique, parce que du coup on a plus de temps, et on a tendance aussi à passer plus de temps en famille, à s’occuper de ses enfants, et c’est sûr que le sport et l’activité physique c’est quelque chose qui rassemble, donc c’est très bien pour mon secteur en tout cas.

Réaction Run in Pyrénées : le confinement a un effet délétère sur les capacités physiques. L’heure « autorisée » est proprement insuffisante pour s’aérer, pour se maintenir en bonne santé physique et psychique. On est plus assis et inactif, plus plongés devant les écrans, en détresse psychologique, en stress quant à la répression possible, au manque de considération et de perspectives.

« Pour les habitués, ceux qui font du sport régulièrement, du vélo […] vous comprenez qu’ils soient agacés par cette règle du kilomètre ? »

  • Je suis consciente que c’est compliqué, surtout pour ceux qui sont en zone urbaine […] mais on doit tous encore faire un petit effort, j’espère que ça va pas durer trop longtemps, qu’on soit rigoureux et puis que derrière ça puisse reprendre comme d’habitude.

Réaction Run in Pyrénées : les efforts à faire doivent d’abord répondre à une logique. Concentrer des citadins dans un rayon de 1 km pendant 1 heure s’avère être plus contre-indiqué que de pouvoir s’éparpiller plus loin et donc réduire les risques. Concentrer des gens qui habitent en campagne alors qu’ils auraient moins de probabilités d’être nuisibles en nature est tout aussi contre productif. Il y a plus de risques d’avoir un accident domestique ou dans son jardin que de se fouler une cheville et encombrer les urgences. Sans parler de la tension psychologique engendrée et de la baisse d’immunité (que le sport peut au contraire booster). On sait, de plus, que les contaminations à l’extérieur sont rarissimes. La balance bénéfices / risques est clairement du côté des bénéfices…

« On a l’impression que le sport a été un peu oublié, est ce que c’est votre ressenti et qu’est ce que vous répondez à tous ceux qui nous envoie ces messages là ? »

  • Après la réunion de 2h30 avec les acteurs du sport et 4 ministres autour de la table, je pense qu’on ne peut pas dire ça (le président et le ministre en sont conscients) avec tous les autres ministres que j’ai réussi à convaincre depuis 2 ans, que le sport était aussi un outil d’intégration sociale, un outil pour la santé, un outil d’éducation, on peut vraiment pas dire que le sport est oublié, et qu’on n’y accorde pas d’importance. On l’a vu aussi avec les mesures financières qui ont été annoncées début de semaine.

Réaction Run in Pyrénées : enfin une réunion de ce type, en fin de crise (et après la première). Oui, toute aide financière sera bonne pour le sport, quoi qu’il en soit. Mais quant à convaincre au plus haut sommet de l’état… Premièrement, on a la droit de douter avec la diminution du rôle qu’elle a dans son propre ministère depuis qu’elle est en place. Toute relation sociale a été coupée, même en extérieur, et jamais on n’a mis en avant le sport comme lutte contre le déficit physique. Où sont les campagnes en faveur de la pratique ? Quelle désillusion…

Maryse Ewanjé-Épée

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Image Babelio.com

« Moi je trouve malgré tout que ça arrive tard […] on a la sensation que la reprise du sport amateur pour l’instant personne n’en parle, ou très peu […] . La reprise des mineurs, là où on les conviait fortement à aller à l’école […] au sortir de ces écoles, de ces lycées, de ces transports, au moment où ils pourraient enlever leurs masques, s’aérer un peu et aller sur un stade, là on leur dit « non c’est dangereux » moi j’avoue que j’ai beaucoup de mal à comprendre. »

  • On a réussi à préserver l’activité pour les mineurs jusqu’à deux semaines, c’était pas le cas pour beaucoup d’autres secteurs d’activité, le sport professionnel est préservé contrairement au premier confinement, […] les personnes qui en font pour leur santé sur ordonnance, le personnes handicapées, et puis toutes les personnes d’ailleurs qu’elles soient adultes ou enfants, c’est un motif de sortie, donc on peut pas dire que le sport ne soit pas considéré.

Réaction Run in Pyrénées : pour ces personnes, oui c’est un point de progression par rapport au premier confinement.

« […] On peut faire du sport autour de sa maison, mais le club ce n’est pas autorisé ; par contre un sport qui soit sur un stade, qui soit codifié, avec des éducateurs qui eux sont masqués… parce que tout le monde a respecté les consignes… »

  • Les assoc’ vont pouvoir reprendre mais en montrant qu’elle sont en capacité de ne pas mélanger les classes, les publics, les enfants qui viennent des autres villes. […] aujourd’hui le sport scolaire est autorisé.

« Les protocoles on les avait déjà très fortement respectés. Les collectivités restent frileuses, un maire il va écouter ce que dit son préfet, un préfet il va écouter ce que dit son président… […] on nous a fait confiance à ce moment là (reprise en mai), et on nous fait plus confiance en hiver alors que tout est respecté depuis des mois et des mois, et qu’il n’y a pas eu de cas en plus. »

Animateur :
« Quand ma fille va pouvoir reprendre ? »

  • C’est un secteur qui en a besoin, parce que les assoc’ ont besoin de ce minimum d’activité parce que sinon elles risquent de faire saison blanche et vont devoir rembourser toutes leurs cotisations qu’elles ont recueillies au mois de septembre, et ça c’est inacceptable que les associations on ne puisse pas les retrouver quand ça ira mieux en janvier ou en février.[…] Les associations c’est le seul endroit où il y a un lien, un vivre ensemble et c’est ce lien là qu’on va vouloir retrouver en sortie de crise, pour la santé des enfants et pour leur bien-être psychollogique… Evidemment vous allez me dire c’est la même chose pour les adultes…
    En décembre, on espère.[…] mais ça dépend aussi des mairies, qu’elles se positionnent en disant « oui, nous on va ouvrir nos équipements sportifs à ces associations… »

Maryse Ewanjé-Épée
« Oui mais la réalité c’est pas ça : les mairies ont très envie d’ouvrir, mais elles regardent du côté de la préfecture qui regarde elle même en haut, et si le préfet n’est pas favorable, les mairies disent on aimerait bien mais on est désolé, on fait pas »

  • Aujourd’hui il y a des publics autorisés…

Réaction Run in Pyrénées : la réalité, c’est bien ce dont parle Mme Ewanjé-Épée. Quand les indications viennent du dessus, c’est bien aux décisions de l’état que l’on se réfère. Les mairies ont souvent montré bonne volonté au moment d’autoriser les terrains de sport ou les compétitions récemment… Mais ils ne décident pas de tout.

Animateur
« Aujourd’hui il y a des sportifs qui s’entraînent 4 ou 5 fois par semaine et qui ne sont pas considérés comme des sportifs professionnels. Quand les compétition vont reprendre, ils vont arriver avec un déficit physique, est ce que ces gens-là on ne peut pas les autoriser, est-ce qu’il faut des dérogations au cas par cas, qu’est ce qu’on peut faire pour eux ? »

  • Si c’est leur passion, qu’ils y consacrent beaucoup de temps mais qu’à côté ils ont un travail, la priorité est donnée au fait que cette personne va déjà être au contact d’autres personnes dans son travail habituel, et donc venir en plus dans un club, c’est risqué.

« Donc on l’autorise à aller au travail, mais lorsqu’il veut se faire plaisir et se défouler… »

  • Il peut sortir une heure autour de chez lui, sortir s’entraîner, pour courir, s’entraîner chez soi mais pas au contact des autres parce que… ce qu’on veut c’est limiter le phénomène de propagation du virus.

Réaction Run in Pyrénées : ces personnes comme vous et moi ne sont pas dangereuses à l’extérieur, surtout en pratique solitaire. Il faut mieux aller se faire du bien à l’extérieur, peut être même avec 4 amis, plutôt que d’en croiser tous les jours des centaines dans les transports publics ! C’est vraiment un manque de logique et de considération de l’utilité du sport.

Maryse Ewanjé-Épée
« Si je comprend bien, à 3 ans des Jeux Olympiques, un sportif olympique (qui n’est pas professionnel hein) pas tous, loin de là, puisqu’on constate que 2 sportifs sur 3 des gens qui sont en équipe de France sont en très grande précarité, donc beaucoup ont des métiers, ceux là finalement qui n’ont pas de contrats, qui ne sont pas professionnels […] ils n’auront pas accès au stade. »

  • Ils sont sur des listes, soit espoir soit PPF (Projet de Performance Fédéraux, ndlr) de la fédération en question

« Mais non, les listes espoirs il faut déjà être en équipe de France »

  • Oui mais les PPF

« Non non… »

  • Les listes PPF celles-là elles y sont. Ils sont aussi autorisés à pratiquer. On a évalué 20 000 sportifs aujourd’hui autorisés à avoir accès aux équipements, donc c’est large.

Réaction Run in Pyrénées : 20 000 c’est large ? Combien de licenciés en France ? Plus de 16,3 millions. Le marché du sport ? 38 milliards.

Animateur
« Quand est ce que pourra reprendre le sport amateur ? »

  • Alors on espère que ça ira mieux en janvier, au mois de février au pire, moi j’incite tout le monde à une rigueur aujourd’hui.

« Là où vous dites décembre pour les mineurs, vous ne pouvez pas vous engager sur une date pour les majeurs…? »

  • Ni pour la reprise amateur, ni pour la reprise des spectateurs dans les stades.

Dans les quelques minutes supplémentaires, la ministre aborde le Pass’sport, 100 millions d’euros d’aide de l’état etc…

> INTERVIEW COMPLETE ICI

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