La FFA sur le point de délaisser le KV

J’aurais pu titre « la fin du KV » – « le KV, c’est terminé » – « le KV est mort » ou tout autre titre provocateur pour susciter le clic, mais je n’aime pas ça.

Le KV (Kilomètre Vertical) est une discipline répertoriée par la FFA. Nommée plutôt Course Verticale : « Course ascensionnelle avec une pente moyenne de 25%. La CV (ex KV) : 1 000m de dénivelé positif sur une distance de 4 km maximum, plus ou moins 50 m de D+ ».

Le sujet du KV a déjà été abordé sur Run in Pyrénées il y a 8 ans déjà, avec une partie 1 et l’avis de Thomas, pratiquant assidu du KV, qui permettait de définir les spécificités de la discipline, et une partie 2 avec les témoignages d’Adrien Perret (champion de France) et Axelle Gachet-Mollaret, qui deviendra recordwoman du monde.

D’ailleurs, depuis le 25 octobre 2025 sur le KV de Fully en Suisse, les records du monde sont de 27’21 (Rémi Bonnet) et 32’52 pour Axelle.

Pourquoi la FFA va délaisser le KV ?

L’info est passée du côté de la prochaine organisation du championnat de France de course en montagne (Arrens-Marsous, le 3/4 juillet 2027) et aussi du côté de Méribel, le 8/9 août dernier, où avaient lieu les championnats de France.

Pourquoi le KV pourrait disparaître ? La course verticale pourrait se transformer en « course en montée ». Autrement dit « UP-HILL », pour correspondre aux championnats internationaux. La course en montée pourrait remplacer le KV, où il n’y a pas de championnats internationaux. Lors des derniers championnats du monde « Off-Road » (course en montagne, trail, et « UP-HILL ») à Canfranc, l’épreuve comptait environ 6,4 km et 1000 m positifs. C’est ce genre d’épreuves qui pourrait remplacer le KV à l’avenir, dans le but de proposer une épreuve qualificative et préparative aux championnats internationaux qui suit.

Bonne idée…?

La logique, on la comprend. Mais la discipline, qui souffre déjà de manque de reconnaissance, pourrait encore en pâtir, sans reconnaissance nationale et internationale, alors qu’elle se démarque réellement de la course en montagne, par exemple.

Vincent Loustau, 3è des derniers championnats de France, s’exprimait à ce sujet : « à force de vouloir coller aux formats internationaux et à ce qui fait vendre, on risque de faire disparaître ce qui fait aussi la richesse de notre sport. Le KV, c’est une discipline à part entière […]. Et surtout, c’est un format qui a du sens pour les jeunes. À l’heure où l’on voit de plus en plus de coureurs se lancer directement sur des formats de 50, 80 ou 100 km, est-ce vraiment le moment de faire disparaître les disciplines courtes ?« 

Des propos sensés, qui s’ajoutent à une réflexion sur le réel intérêt d’une distance entre 5 et 7 km, avec un dénivelé de 600 à 1200 m+. Quels coureurs vont se diriger vers le UP-HILL, et lesquels vont tenter de se qualifier vers la course en montagne ? Lors d’un même week-end, quel choix faire entre des efforts proches en terme de durée, et finalement de pourcentage de pente ?

Une pente qu’il est possible de passer en courant, c’est l’effort que l’on retrouve en trail et en course en montagne. Alors que le KV était à la fois spécifique, spectaculaire, et tranchait dans les profils de coureurs. Un UP-HILL peu technique, sur des pistes entre autre, pourrait aussi convenir à des coureurs sur route qui ont une grande vitesse / VO2 / et un minimum de puissance. Ce qui nécessite de la spécificité et de l’adaptation, c’est notamment l’aspect technique, et donc la descente que l’on retrouve au format montagne (ps : la descente des France à Arrens-Marsous pourrait surprendre le coureur peu à son aise en terrain technique…). Certains hésiteront donc sur la format montagne / UP-HILL lors des championnats, surtout si au niveau de la programmation l’une se déroula la veille de l’autre… S’il y avait un jour entre, on pourrait avoir quasiment les mêmes vainqueurs sur l’un et sur l’autre…

Bref : le KV, au moins, tranche nettement dans sa spécialité et son côté abrupt, bestial que les spécialistes aiment tant. D’ailleurs, nombreux d’entre eux ne viennent pas forcément du trail, mais du ski-alpinisme. On comprend mieux pourquoi ils sont bien plus efficaces avec les bâtons.

Vous avez mon avis…

Je défend donc cette discipline à part. Une spécialité qui étalonne les potentiels des coureurs, un chrono qui varie selon la pente et la technicité du terrain, mais qui parle à tout le monde. Quand on parvient à monter à 1500, 1800, ou plus de 2000 m/heure, ça parle, c’est spectaculaire. Du don de soi à l’état pur ! Là où, sur un UP-HILL, on retrouve les africains qui font parler leur cylindrée. Et tout cela, c’est un coureur plus à l’aise en montée peu raide qui vous le dit…

La logique devrait l’emporter : on sélectionne les coureurs que l’on va retrouver sur l’épreuve internationale. Normal ! Par contre, le UP-HILL a moins de repères et n’a pas à mes yeux cet attrait si spécifique.

Est-ce à dire que l’on va perdre le KV ? L’avis de Vincent Loustau est partagé :

« Néanmoins, petite lueur d’espoir, les organisateurs et les coureurs continuent d’aimer cette discipline : 463 finishers sur le KV de Méribel , 558 sur le KV de Chamonix ! De nouvelles organisations comme le KV de Grignon ou le KV des Gabizos et certaines plus discrètes…« 

Les gens vont aimer se lancer un défi, se présenter sur des pentes quasi jamais abordées, et vivre un effort intense peu commun. Testez-vous et amusez-vous sur des KV !

Un commentaire sur « La FFA sur le point de délaisser le KV »

  1. Comme décrit dans l’article, c’est vrai que je trouve que la discipline est déjà délaissée. Étant débutant dans ce sport, j’en entends parler uniquement lorsque des grand noms y vont pour faire une perf.
    Dommage car je trouve que c’est la discipline en trail qui se rapproche le plus d’un 5 ou 10km sur route. À voir pour la suite !

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