Peut-on toujours « faire mieux » ?

On s’entraîne, on s’investit, on se dépouille… et en course, on donne tout ce que le corps a en réserve et on supporte toute la souffrance que la tête nous permet d’endurer.

Quand on arrive au bout d’une course, elle-même située au sommet d’un objectif, il y a d’abord la sentence du chrono ou de la place. Ce, quelque soit l’objectif et le niveau de chacun. Cette sentence, qu’elle soit positive ou négative, ne doit pas faire oublier d’analyser le tout : pas seulement la performance, mais aussi les conditions de course et de préparation, qui ont donné au final tout ce qui s’est produit en course.

Quand on se prépare et que l’on met les ingrédients pour réussir, on a évidemment plus de chance de réussir. Malheureusement, nous ne sommes pas des machines et tout ne se passe pas toujours comme on l’imaginait. Le corps et ses réactions, l’esprit et ses mystères quelques fois indomptables…

Très vite, la réflexion, le doute, reprennent le dessus : et si j’avais pu faire mieux ? Et si, en me faisant plus mal, je passais un cap ? Si je faisais plus attention à la nourriture ? Et si…

 

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Les « si » peuvent nous emmener très loin. Les rêves sont des « si », les espoirs aussi. On veut tous atteindre quelque chose. C’est aussi cela qui nous fait courir ! Certains ont une volonté tellement forte qu’ils s’en donnent la peine. La vraie question est là : je veux arriver à faire ça, ok, mais est-ce que je suis prêt à mettre en place les choses pour le faire, quitte à faire des sacrifices pour y parvenir ?

C’est la vie du coureur, qui oublie finalement assez vite la souffrance pour repartir en quête de ses sensations

Faire mieux, faire un peu plus, on a tous l’impression qu’il suffit de rajouter des briques, une par une. Oui, puisque j’ai été capable d’arriver à cette hauteur de performance, je suis bien capable d’en rajouter un peu. Mais on oublie bien souvent tous les efforts qui ont été cumulés pour arriver déjà à cette hauteur là. C’est la vie du coureur, qui oublie finalement assez vite la souffrance pour repartir en quête de ses sensations, de la plénitude, d’une certaine puissance.

Alors oui, on répondra assez facilement à la question « veut-on faire mieux ? ». Mais qui peut répondre à celle-ci : « peut-on faire mieux ? ». Qui sait s’il peut faire mieux ? Qui sait si son corps, sa santé lui permettra de faire mieux ? Et bien sûr : peut-on mettre en place les choses pour faire mieux ? Car le contexte dans lequel on vit (travail, famille, amis, contexte géographique et matériel) conditionne celui dans lequel on s’entraîne. De plus, il peut jouer aussi comme contrepoids sur la balance, ce qui donne un équilibre de vie. Si on vit « bien », on s’entraîne bien.

C’est vrai que les épreuves les plus dures de la vie forgent, comme les rêves, notre capacité à dépasser nos limites. Mais la performance dépend d’un tout, dont le corps est une pièce maîtresse. Certains ont les espoirs les plus grands et un corps aux limites plus restreintes. Et quand l’entraînement fait vaciller la santé… Ces limites sont atteintes. Le but vaut-il la peine d’en arriver là ? Serait-on plus heureux de l’atteindre en piétinant tout le reste ?

D’autant qu’on ne sait jamais, au final, si nos limites sont atteintes. Une fois une performance accomplie et payée au prix de nombreux efforts, comment sait-on si ce n’était pas le meilleur résultat possible, à ce moment-là, et finalement de toute notre vie sportive ?

Il faut donc profiter de chacun de ses moments de course et de chacune de ses performances. Qui sait, c’était peut-être un exploit ! Alors il faut savourer, être fier de soi et de ses efforts, se satisfaire et se reposer pour bien digérer le tout. Prenez ce temps, après avoir couru derrière ! Faites au mieux, dans l’instant, pour ne rien regretter. Il est préférable de vivre avec de bons souvenirs qu’avec des regrets quelques fois imaginaires.

Mathieu, Run in Pyrénées

2 commentaires sur « Peut-on toujours « faire mieux » ? »

  1. Ta réflexion sur ce sujet est très intéressante. Le piège d’en vouloir toujours plus et de ne jamais être satisfait est une réalité. Par contre pour le « malheureusement nous ne sommes pas des machines… » je trouve plutôt que c’est une bonne chose 😉 sinon tout serait trop prévisible!

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