Jeûne et course à pied : intérêts et précautions

L’alimentation est un point sensible, car il y a des croyances, des fausses certitudes, et personne ne réagit de la même façon. C’est aussi un moyen à actionner en vue de performer et les coureurs y font de plus en plus attention.

Le jeûne, on le pratique par précaution pour un système digestif fragile, mais aussi par intérêt sportif. Nous avons donc voulu aborder le sujet avec notre diététicienne nutritionniste Salomé Caillau, qui répond sans détour et qui livre les éventuels intérêts du jeûne et les précautions nécessaires.

 

7TIMG_9549_ravitaillement course dix km neuilly recadree_site_grande

 

– Bonjour Salomé ! L’autre fois, on a évoqué le jeûne au moment du petit déjeuner. Certains le pratiquent volontairement, d’autres par contrainte (digestion, reflux etc). Quel est l’intérêt de sauter un petit déjeuner ?

Nos réserves glucidiques diminuent à partir de 8h sans consommation d’aliments. Notre corps va alors commencer à utiliser les graisses pour créer son énergie si on pratique un exercice physique à jeun.
Dans un programme d’entraînement, pratiquer un sport à jeun semble intéressant dans un but d’affûtage (ou de perte de poids).

Cependant plusieurs indications doivent être retenues :

  • Aucun apport calorique liquide ou solide est toléré : on s’en tiendra à un apport liquide type eau, thé, café sans sucres.
  • Il s’agira d’entrainement courts, maximum 1h à une allure modérée (endurance fondamentale) avec un maximum 1 à 3 entraînements par semaine sans jours consécutifs.
  • L’hydratation devra être présente au cours de la séance de manière régulière, et au moindre signe d’hypoglycémie ou de faiblesse il sera impératif de consommer des denrées source de glucides simples (fruits secs, pâte de fruits, etc).

Au retour, consommez un petit déjeuner équilibré !

 

– Plus globalement : conseilles-tu le jeûne ? Dans quel but il peut être indiqué de le faire ?

De nos jours, le jeûne est pratiqué dans plusieurs buts : purifier l’organisme, améliorer son bien être psychique, perdre du poids, etc. Aucune étude prouve tous ces faits. Plusieurs pratiques de jeûne existent.

A court terme et occasionnellement, le jeûne n’a pas d’effet dramatique sur les carences alimentaires, à condition que l’alimentation soit bien menée et équilibrée avant et après. Attention !! Le jeûne ne doit pas se faire sur plus de 3 jours car le corps va rentrer en cétose et le manque d’apport énergétique engendrerait une diminution de la masse musculaire (donc une baisse de la dépense énergétique quotidienne, donc un risque de prise de poids au cours de la réintroduction alimentaire…). Idem concernant le jeune intermittent (14h-16h), s’il est trop restrictif et mal mené un risque de perte de masse musculaire existe ! De plus, l’activité physique intense ou longue au cours d’un jeûne va accentuer ce phénomène de protéolyse musculaire et l’organisme prendra plusieurs jours pour compenser.

 

jeune.jpg

 

De mon point de vue, en dehors du cas précédent (sport à jeun le matin), il n’y a pas assez d’études sûres pour définir ce qu’est un bon jeûne ou quels sont les risques du jeûne.
Certaines études montre des résultats en terme d’amélioration de la santé sur des pathologies chroniques avec un jeune intermittent (14-16h) mais ce sont des études sur des groupes restreints.
Il est peut être un peu tôt pour donner un avis formel et conseiller ce type de pratique aux gens…

Pour les personnes qui sautent le petit-déjeuner, elles pratiquent ce type de jeûne quotidiennement. Si cela n’entraîne pas de contre performance, de fatigue importante ou tout autre conséquence qui pourrait être liée, ça ne semble pas dangereux dans la pratique sportive.
Finalement il y a des tas de gens qui ne déjeunent pas forcément le matin. Si cela ne pose pas de problèmes dans l’équilibre alimentaire journalier, pas de problèmes de surpoids, de contre performance, de blessures à répétition, etc. Pourquoi pas… Mais il faudra s’assurer qu’il n’y ait aucune de ces conséquences et que prendre le petit déjeuner n’améliore pas la qualité de vie de ces personnes.

 

« Commençons d’abord par écouter notre corps et manger de manière intuitive ! »

 

– Sauter un repas, une journée… Il faut sans doute beaucoup de précautions. Que peux-tu nous dire à ce sujet et dans quel cas il faut l’éviter ?

En dehors de l’entraînement à jeun comme mentionné ci-dessus, y’a t-il un intérêt à sauter un repas ? NON.
Sauter un repas pour perdre du poids n’est certainement pas la bonne méthode à appliquer. Le corps se rattrapera de toute façon à un moment ou à un autre s’il avait besoin de l’énergie de ce repas sauté.
Cette méthode ne nous apprend pas à adopter des habitudes alimentaires saines et n’est pas une méthode utilisable toute notre vie.

Par contre, au-delà de l’équilibre alimentaire qui reste indispensable pour le bien être de toute personne, la notion de sensation alimentaire est à prendre en compte. En effet, il est indispensable d’écouter les besoins de son corps et d’agir en fonction de ce qu’il demande : « je mange quand j’ai faim », « j’arrête de manger lorsque je suis rassasié », « je respecte mon état de satiété ». Dans ce cas, sauter un repas car il n’y a aucune sensation de faim n’est pas une grave erreur, à condition de manger dès que le corps le réclamera de façon équilibrée et raisonnée.

Avant de chercher des recettes miracles aussi bien en terme de bien-être et de perte de poids qu’en terme de performance, commençons d’abord par écouter notre corps et manger de manière intuitive !

 

P1040702 - Copie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s