Et si on oubliait un peu les chiffres…?

Difficile de ne pas parler de chiffres, tant notre pratique est constamment liée avec, et nous aussi.

Nous pourrions courir et nous entraîner sans montre, et ce serait une bonne chose de le faire de temps en temps. Mais nous sommes au minimum rattrapés par nos emplois du temps, nos familles, notre travail, et nous devons placer notre pratique dans un temps imparti, de façon plus ou moins large. Il faut donc la quantifier pour ne pas déborder sur le reste. Toutefois, cela reste possible de le faire si on le veut bien.

Car la montre, les applis et les réseaux sociaux nous renvoient en permanence des chiffres. Et nous, on s’y accroche. On calcule pour interpréter… Non, pour ré-interpréter ! L’interprétation correspond au ressenti, et si la technologie nous renseigne sur le chiffrage de toute chose, le quantifiable, la lecture des sensation, elle, s’éloigne un peu plus…et c’est bien dommage.

 

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Aujourd’hui, on mesure ses sorties, le dénivelé, les pulsations, les calories, le temps passé en courant, à l’échelle du jour, du mois, de l’année. Tout se transforme donc en statistiques. Domaine très intéressant, très prenant. On analyse, on constate les progrès, on y cherche ce qui ne va pas…
Trop prenant au final…?

 

« Aujourd’hui, il faut communiquer et être transparent sur tout ça. Les marques le demandent, ceux qui vous suivent vous y incitent » 

 

Strava ® en est un bel exemple. Le site/l’application stocke, anime et traduit toutes ces données et rend le partage ludique. On peut suivre les entraînements des amis, des champions, et donc avoir accès à leurs statistiques. Aujourd’hui, il faut communiquer et être transparent sur tout ça. Les marques le demandent, ceux qui vous suivent vous y incitent. Du coup, tout le monde partage ce qu’il a fait, à tous moments.

Cette fin d’année, les réseaux sociaux sont envahis des bilans Strava de chacun ! Le nombre de kilomètres course/vélo/natation, le dénivelé cumulé, la sortie la plus longue… On a l’impression que chacun cherche à se mesurer à son voisin ou à l’impressionner ! Si encore on accordait ces chiffres avec une réflexion et une analyse… Maintenant, on balance les chiffres, et c’est une explication suffisante. Mais on veut que vous le sachiez !

 

La quantité, la quantité, pour montrer combien on est vaillant. Et la qualité dans tout ça ? Qu’a-t-on mis dans ces kilomètres ? Qu’a-t-on fait des journées de repos ? Y’a-t-il un progrès grâce à ces records de « sections » et à ce volume ? Qu’a-t-on mis en place dans son quotidien pour progresser en course à pied ? Est-ce une année sans blessures, sans problèmes personnels, sans blocage psychologique…?

Oh et puis, si on oubliait un peu les chiffres ? Un peu de recul par rapport à tout ça. Tout le monde ne s’y attache pas au point de vouloir connaître le bilan de son voisin. Courir est un effort, ce sont des sensations, des découvertes, de la souffrance, du bonheur, et quelques fois cela suffit bien. Le coureur à pied est à la base quelqu’un de silencieux. Il faut trouver un juste milieu ! On va se gaver toute l’année de résultats, de places, de chronos, on va brasser du chiffre…

… mais surtout vivre une aventure intérieure comme à chaque fois.

Mathieu, Run in Pyrénées

 

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