Minimas 10 km, semi-marathon, marathon : observation et réflexion.

Depuis le 1er novembre, le changement de catégorie est effectif. Et qui dit catégorie, dit minimas qui vont avec. Les chronos sont à réaliser lors des compétitions officielles à label. Avec le nouveau découpage des catégories, de 5 ans en 5 ans, il fallait bien de nouveaux minimas qui collent avec la tranche d’âge. Pour commencer, voici ces catégories qui désormais feront foi. Elles sont calquées sur ce qui se fait à l’international depuis longtemps.

Catégorie FFA 2019--2020

Les coureurs nés en 1985 sont les plus « jeunes » masters (M0). Ensuite, c’est toutes les 5 années.  Ça fera sans doute drôle à ceux-ci de se retrouver master alors qu’ils pensaient avoir encore 5 ans devant eux. Tant pis ! A d’autres, qui se trouvaient sur le point de changer de catégorie, ça fait un saut de deux d’un coup. Et des masters 3 qui deviennent master 6 avec le découpage… Bref !

Même si les plus motivés / les plus entraînés chassent quelques performances et podiums, on court avant tout pour soi. On est d’accord là dessus (peut-être). Mais avec le nouveau découpage, lié à de nouvelles qualif’, durcit pour certains le chrono, et pour d’autre le facilite. Regardons de plus près !

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10 km
Minimas 10 km 2019
Anciens minimas 2019

minimas 10 km

Il faut rappeler qu’il y a 4 ou 5 ans, les minimas sur 10 km et semi avaient été retoqués (à la baisse). Ex : la qualif’ sénior était passée de 34′ à 34’15.

1er constat : les M0 (anciens séniors) voient passer les minimas à 35′. On gagne 45s par rapport aux anciens minimas (et 1 min par rapport aux plus anciens). Ce qui ouvre nettement la porte pour cet âge-là. Quelques coureurs vont donc retrouver de l’espoir pour participer aux France, mais le niveau d’exigence baisse… Pour s’adapter aussi, quelque part, au niveau du peloton. A noter que du côté des femmes ça n’avait pas bouger il y a 4/5 ans, mais par contre, les M0 gagnent aussi 1 min avec 44′ désormais.

2è constat : pour les M1, par contre, la donne change. Ça se durcit pour les hommes : les nouveaux M1 (première tranche des 40-50 ans) perdent 30s (37′ > 36’30 !), et pour les M2 (2è tranche des 40-50 ans) ça ne bouge pas. Il ne fait pas bon être M1, mais paraît-il qu’ils sont en grande forme. Pour les femmes par contre, on reste à 47′, mais les M2 gagnent 2′ ! (47′ à 49′). C’est énorme ! Mesdames, tentez votre chance…

Bien sûr, vous constaterez vous-mêmes la suite. Les anciens M2 garçons (40′) sont à 39’30 et 40’30 (M3-M4) alors que les femmes (51′) sont partagées entre 50′ et 52′. On note plus de marge (négative et positive) donnée aux féminines. De plus dur à plus facile…? Attention, 2 min en moins pour les ex M3 féminines avec une première tranche à 53′ (M5) au lieu de 55′ (!) et 1 min plus facile pour la 2è tranche (M6). On va s’arrêter là.

Peut-être y’a t-il une volonté de dynamiser les pratiquants masters qui sont plus nombreux et plus en forme (ou en meilleure santé plus âgés) qu’il y a quelques années…?


 

Semi-marathon
Minimas 21,1 km 2019
Anciens minimas 2019

Minimas 21,1 km

Mêmes constats que pour le 10 km. On était passé il y a quelques temps de 1h15 à 1h15’30 pour les séniors hommes.

Cette fois pour les M0, c’est le jack-pot : des 1h15’30 (séniors), on passe à 1h17’30 ! Et hop deux minutes de gagnées. Encore mieux pour les M0 femmes, de 1h45 à 1h47’30 ! Pour elles ça ne change pas en M1 (1h50), les hommes perdent 30s, c’est moins dramatique (1h21 à 1h20’30). Pour la 2è tranche en M2, belle marge de gagnée avec 1h22’30 pour les hommes et 1h52’30 pour les femmes.

En M3 (nouveau), ça pique pour les hommes… ça passe de 1h30 à 1h27 pour cette première tranche ! Les hommes en forme, on vous dit… Mais ensuite, +2′ avec les M4 et 1h32. Les femmes gagnent du temps sur la 2è tranche.

En M5 / M6, deuxième tranche facilitée. Et puis pour les anciens M4 (M6/M7 nouveaux), ça devait sûrement être trop facile : 1h50 (5 minutes de perdues !) pour la première tranche, et 1h55 pour la 2è, ça ne change pas. Les femmes de même, avec 2h10 et 2h15.


 

Marathon
Minimas Marathon 2018
Anciens minimas

Bon, là, c’est beaucoup plus simple : ces minimas n’existent plus ! C’est un lecteur (merci Alexandre) qui me l’a fait remarqué. Donc, là où on devait réaliser des efforts pour réussir des minimas en compétition officielle (on ne court pas des marathons tous les jours…) il n’y en a plus besoin !

« Toute personne possédant une licence compétition et ayant terminé un marathon à label FFA dans l’année des championnats ou au cours des 2 saisons précédent l’année du championnat est qualifiée. Les inscriptions des qualifiés se font directement auprès de l’organisateur par l’athlète lui-même ou le club. Elles sont payantes avec une réduction de 25% du tarif par rapport à la course open. Les athlètes de niveau N4 ou supérieur sur marathon bénéficient de la gratuité de l’inscription. »

Auparavant, la FFA prenait à sa charge l’inscription des athlètes participant aux championnats de France. Avec ce dossard payant, les clubs pourront évidemment rembourser leurs athlètes membres, mais les inscriptions sont individuelles. Ce n’est plus au club d’inscrire ses qualifiés (infos trouvées ici)


 

i-run-002 - Copie
Photo Rémi Blomme

 

Conclusion

Le niveau de performance requis a connu un fléchissement car le niveau du peloton a également baissé. La tendance est logique, au vu du nombre de pratiquants augmentant et donc de débutants, mais également au vu du nombre de compétitions qui n’a jamais été aussi important, diluant le niveau.

La FFA cherchant à gagner des adhérents, s’adapte logiquement à ces tendances, en offrant une plus grande possibilité de participer (notamment sur marathon, sans minimas). Un bémol avec certains changements de catégories où le chrono est durci tout de même. Quelques fois, ça semble important. A chacun de juger.

Les minimas plus durs ont pour avantage de demander au coureur un niveau de forme et d’entraînement, ce qui poussait les athlètes à atteindre cet objectif, sur une saison, et constituait un moment important. Pour le marathon, ça s’est évaporé. Il devient plus accessible (épreuve de masse, défi personnel…). En espérant que tout cela n’entraîne pas plus rapidement la baisse des performances ! La course à pied est le sport accessible par excellence, mais l’accès à des championnats doit rester une privilège obtenu après beaucoup d’efforts.

 

 

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