Benoît Galand : du talent, tout simplement

Benoît Galand était en train de se faire un nom depuis quelques temps dans le monde du trail grâce à de belles victoires et de beaux podiums sur des courses de plus en plus importantes. Nous l’avons croisé quelques fois cette année, avec toujours des courses prises en main très tôt.

Le week-end dernier, le jeune coureur du Tarn marque au fer rouge son nom en terminant 2è des France de Trail court, entre Emmanuel Meyssat et Julien Rancon. Une sacrée performance ! Nous l’avons contacté pour lui poser quelques questions et avoir son ressenti. Voici l’interview de Benoît Galand, pour Run in Pyrénées !

 

– Bonjour Benoît, merci de nous accorder du temps sur Run in Pyrénées !
La dernière fois que l’on s’est croisé, c’était sur le 25 km du Marathon des Gabizos, que tu remportes devant Nicolas Bouvier-Gaz et Andreu Prost.
On revient vers toi aujourd’hui car tu viens de réaliser une grande performance en terminant 2è des France de Trail Court entre Emmanuel Meyssat et Julien Rancon ! Est-ce que tu mesures la portée de la perf’ que tu as réalisée ? Comment vis-tu ça ?

Je redescend tout doucement de mon petit nuage ! Je suis vraiment super content de ce résultat, je ne m’y attendais pas ! Depuis mes débuts en course à pied, je suis admiratif des coureurs comme Rancon, Meyssat etc… c’est un rêve de gamin de pouvoir être à la bagarre avec les plus grands traileurs français. Quand je double Julien, sur la fin de parcours, je n’en croyais pas mes yeux ! A l’arrivée, vous comprenez bien que j’ai eu beaucoup d’émotion. Là je le vis très bien, je profite de mes proches, de mes amis qui m’ont fait une belle surprise au champagne, organisée par Maxime Durand dès mon retour dans mon petit village de Brassac dans le Tarn.

 

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– On va refaire le chemin avec toi si tu le veux bien, jusqu’à ce podium. Tu es un jeune homme du Tarn : que fais tu dans la vie ? Pourquoi et depuis quand cours-tu ?

Depuis septembre 2016, je cumule plusieurs emplois : je suis vendeur chez Décathlon Castres et je suis assistant d’éducation au lycée de La Borde Basse. En plus de cela, je suis sapeur pompier volontaire depuis pratiquement 8 ans. Autant vous dire que je fais beaucoup d’heures par semaine, jour et nuit. Je m’entraîne donc souvent le matin très tôt avant le travail ou le soir tard. Heureusement que j’ai des patrons compréhensifs pour quelques aménagements d’emplois du temps, car ce n’est pas facile de bosser 6 jours sur 7 !

Depuis tout petit j’adore courir, faire du vélo, des raids… J’ai même fait 13 ans de football en passant également par une année de rugby ! C’est avec l’association les galopins Brassagais que j’ai découvert le trail, avec comme meneur de groupe Maxime Durand (Victoires et podiums sur de grands trails et sélections en Equipe de France de course en montagne, ndlr). J’ai commencé à faire quelques compétitions nature et locale à l’âge de 15 ans tout en continuant le foot. C’est seulement depuis 4 ans que je me consacre uniquement à la course à pied avec un entraînement quasi quotidien avec Patrick Deprez comme entraîneur. C’est grâce à lui que j’ai si vite progressé.

Pourquoi le trail ? A Brassac, dans mon village il est difficile, voire impossible de courir sur du plat à part le fameux « tour de Saint Agnan », et encore sur route ! Il est facile de prendre de la hauteur et c’est tout simplement magnifique ! Pas de voitures, pas de bruits, la tranquillité et puis c’est plus ludique de courir dans les bois plutôt que sur du bitume.

 

« Je n’ai pas vraiment changé mon entraînement, certes il devient de plus en plus poussé avec la progression mais j’ai surtout modifié les à-côtés comme la nutrition et les soins. Je sais prendre soin de moi »

– Tu as fait du cross, puis du trail. L’an dernier, tu as de jolis résultats, dont le titre de champion de France pompier. En 2017, tu sembles encore plus fort. Raconte-nous ton année en quelques mots ! Quelque chose a-t-il changé dans ta vie, dans ta tête, dans ton entraînement…?

Je suis très satisfait de ma saison ! Je suis arrivé à trouver un juste milieu entre ma vie
personnelle, professionnelle et ma pratique de la course à pied. C’est, je pense, grâce à cet
équilibre que j’ai su m’entraîner comme il faut tout en restant toujours en relation avec mes proches. Il m’est impensable de refuser des invitations de ma bande d’amis, quasiment tous rugbymen, pour aller boire un coup ou passer de bons moments ensemble. Je m’adapte tout en restant raisonnable pour ne pas tomber dans l’obsession de résultats.

Ma saison à commencé comme tu le soulignes par la fameuse saison des cross. C’est n’est pas la période que je préfère car je sais que je vais devoir sortir de mon placard les pointes d’athlétisme. Ce qui veut dire de nombreuses séances de souffrance sur piste à travailler la vitesse et des compétitions très rapides, confronté à des « mobylettes » adeptes de la discipline.
Ensuite j’ai enchaîné, après une petite coupure sur la préparation montagne, avec plusieurs victoires sur des trails régionaux avant de me lancer sur le Trail du Ventoux. Une course où j’abandonne par manque de préparation. J’ai ensuite préparé comme il se doit le championnat de France de course en montagne où je me classe 12è, satisfait du résultat.
Puis la saison de trails, avec comme objectif final le championnat de France. Pour cela, je
participe à de nombreuses courses de préparation, comme le Marathon des Gabizos où je
l’emporte à ma grande surprise devant Bouvier-Gaz et Prost, ou bien à Espelette avec le
record de l’épreuve. Et pour finir une seconde place sur une manche du TTN à Saint Martin Vésubie. Une course obligatoire pour obtenir mon dossard au championnat de France.

Je n’ai pas vraiment changé mon entraînement, certes il devient de plus en plus poussé avec la progression mais j’ai surtout modifié les à-côtés comme la nutrition et les soins. Je sais prendre soin de moi. J’ai également fini mes études en STAPS et donc moins de pression sur les examens, je peux me concentrer du mieux possible sur ma préparation.

 

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Photo : SkyRhune 2016

« J’ai dit à Maxime et à mon entraîneur qu’avec un top 10 je serai content, un top 5 ce serait monstrueux. Maxime m’a engueulé ! Il m’a dit : tu peux faire un podium »

 

– Pour les France, tu te voyais faire une jolie place dans le top 10. Et puis… Tu es dans le coup. Peux-tu nous faire revivre les moments-clés ?

L’année dernière je finis 13è. Cette année, avec la préparation optimale et les résultats tout au long de la saison, je me sentais beaucoup plus en forme. J’ai dit à Maxime et à mon entraîneur qu’avec un top 10 je serai content, un top 5 ce serait monstrueux. Maxime m’a engueulé ! Il m’a dit « tu peux faire un podium ».

J’avais des consignes très claires de mon entraîneur : rester au contact du groupe de tête sans faire d’excès, garder du jus jusqu’au 20è km. Au 13è km, Julien pousse une attaque avec Manu, Raymond et Alexandre. Je décide de garder mon rythme et je me
retrouve avec l’espoir Mathieu Jacquet. Nous rattrapons dans les prochains kilomètres
Raymond, et puis nous voici au 20è km. Je me ravitaille correctement puis je sens que je
peux essayer d’accélérer pour gagner quelques places. Je rattrape donc assez rapidement
Fabien Demure et puis Alexandre.
Il reste 5 km et je me retrouve en troisième position. Je connais bien la fin de course et je sais qu’il y a quasiment que de la descente sauf un petit raidard sur la fin de course. Pour essayer d’assurer le podium, je lâche les chevaux comme on dit ! Et à ma grande surprise je rattrape Julien sur les deux derniers km. Je rattrape et je double Julien !! Julien Rancon, vous imaginez ??
Là, tout se passe dans ma tête. Je me pose des millions de questions et je me dis que c’est vraiment mon jour. Je déroule jusqu’à l’arrivée et je crée la surprise, même le speaker disais « et voici Julien Rancon, second, euh… non pardon Benoit, c’est Benoit Galand mais quel finish! ». Je passe la ligne avec beaucoup d’émotion que je n’arrive pas à cacher, j’en pleure. Et puis le podium, avec une très belle Marseillaise, au milieu de deux grands champions au palmarès époustouflant.

 

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– Est-ce que tu t’attends à ce que les choses changent : sollicitations diverses, regard des
adversaires…?

J’ai reçu énormément de messages de félicitation. J’ai fait, on peut dire, le « buzz » sur les réseaux sociaux car personne ne m’attendait à cette si belle seconde place. Je n’ai pas encore reçu de nouvelles propositions de team.
Je ne vais rien changer à ma personnalité, pour vous dire je doute encore de mes capacités, du coup je vais dans un premier temps savourer ce podium, répondre à tous les messages que j’ai reçu qui me font vraiment chaud au cœur, qui me boostent pour la suite.
Pour les adversaires, je pense que je vais créer le doute sur la ligne de départ, beaucoup de coureurs ne me connaissaient pas avant ce championnat de France. Je vais avoir un nouveau statut de favori que je vais avoir du mal à assumer les premiers temps.

 

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Photo : Trail Endurance Mag

« Je pense que le championnat de France de course en montagne sera l’un de mes gros objectifs en 2018 pour essayer d’obtenir la sélection ».

 

– Et toi, vas-tu changer des choses en vue de te fixer des objectifs de haut niveau ? A court terme et à long terme, qu’aimerais-tu réaliser ?

Comme j’ai dit plus haut, dans un premier temps je souhaite savourer ce statut de vice-champion de France. Je vais me rendre à la Skyrhune au Pays Basque pour essayer de
confirmer la forme du moment et profiter de la soirée de fin de saison avec les amis.
Avec Patrick Deprez, mon entraîneur nous allons programmer les futurs objectifs de la saison 2017-2018.
On me parle de l’équipe de France. Il faut savoir qu’il n’y a pas de sélection pour
le trail court. Je pense que le championnat de France de course en montagne sera l’un de mes gros objectifs en 2018 pour essayer d’obtenir la sélection.

 

– Quelque chose à rajouter ? Libre à toi !

Je souhaite remercier toutes les personnes qui me soutiennent au quotidien. On sait tous que pour progresser il faut de la rigueur et de l’exigence envers soi-même. Je pense à ma famille, à ma toute fraîche copine, à mes patrons et à mes amis. Merci également à mes partenaires : Décathlon Castres, Easysport et Errea. Et bien sûr merci à toi Mathieu pour cet article.

 

 

 

Un grand merci à Benoît pour sa gentillesse et sa disponibilité !

Mathieu, Run in Pyrénées

4 commentaires sur « Benoît Galand : du talent, tout simplement »

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